Conclusion

     Ces deux grands mouvements de 1936 et de 1968 sont riches d'enseignements. En effet, ils révèlent un rapport de force perpétuel entre les classes dirigeantes et populaires. En effet, la simple expression de revendications sociales exprimées par le monde du travail ne suffit pas pour obtenir des progrès sociaux. En France,  la contestation et la grève précèdent les négociations. Ainsi, les syndicats, qui sont les porte-voix de ces revendications se placent dans une posture d'opposition. Ils privilégent le rapport de force afin d'obtenir des améliorations sociales. Partronat et syndicats entretiennent ainsi, souvent des relations figées. Cette situation amène le monde politique à un devoir d'arbitrage. En effet, ce sont les gouvernements, à travers des textes de lois qui clôturent les négociations. Ainsi, les accords de Matignon et de Grenelle et les lois qui en découlent ont mis fin à ces deux mouvements.  En revanche, ce système n'est pas universel. L'Allemagne favorise un fonctionnement davantage basé sur la négociation et la cogestion au sein des entreprises et des branches professionnelles .

De plus, les revendications liées au travail sont aussi le reflet d'une aspiration à des changements plus larges. Ainsi, les mouvements de1936 et de mai 1968 sont l'expression  d'attentes liées à une répartition plus juste des richesses, à un désir d'une société plus à l'écoute de sa jeunesse et de ses classes populaires, et à l'évolution d'une démocratie plus ouverte. Ces événements ont ainsi favorisé l'émergence de la société de consommation et du loisirs, dés les années 30, et l'expression d'attentes individuelles, telle que la liberté sexuelle, qui se sont fortement affirmées dans les mouvements de mai 68. La violences de ces deux périodes démontrent une volonté profonde de voir évoluer la société, bien au delà du monde du travail.

Au final, ces mouvements ont permis un progrès social et l'amélioration des conditions de travail pour la majorité des français: réduction du temps de travail, augmentation du salaire et des vacances. Ainsi, cette tradition du conflit social est encore encrée en France: en 2010, de violentes mobilisations contre la réforme des retraites ont agité le pays. Plusieurs centaines de milliers de manifestants se sont réunis dans les principales villes. L'appel fait aux jeunes pour manifester s'est accompagné de violents débordement, comme en mai 68. Contrairement aux événements de 1936 et mai 68, ces revendications n'ont pas aboutis, peut être en raison de la baisse d'influence des syndicats, qui compte de nos jours moins d'adhérents qu'à ces deux époques.

 

27 mai 2010, manifestation à Lyon

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